Comprendre
Syndrome prémenstruel : signes, causes et ce qui aide
Le syndrome prémenstruel, ou SPM, regroupe les signes physiques et émotionnels qui apparaissent dans les jours précédant les règles et disparaissent avec elles. Il est fréquent et le plus souvent gérable au quotidien, mais sa forme sévère, le trouble dysphorique prémenstruel, mérite un diagnostic et une prise en charge.
Reconnaître les signes
Le SPM ne se résume pas à « être de mauvaise humeur avant ses règles ». Il associe, selon les femmes et selon les cycles, des signes physiques et des signes émotionnels.
Signes physiques :
- seins tendus, gonflés ou sensibles ;
- ventre ballonné, sensation de rétention d'eau, prise de poids passagère ;
- maux de tête, douleurs dans le bas du dos ou le bas-ventre ;
- fatigue, troubles du sommeil ;
- fringales, en particulier pour le sucré ;
- poussée d'acné.
Signes émotionnels :
- irritabilité, impatience, colère plus facile ;
- tristesse, envie de pleurer sans raison claire ;
- anxiété, tension intérieure ;
- difficulté à se concentrer ;
- repli sur soi, moins d'envie de voir du monde.
Aucune femme ne présente tous ces signes. Ce qui caractérise le SPM, c'est leur retour au même moment du cycle, et leur disparition dans les premiers jours des règles.
Le lien avec le cycle
Le SPM survient pendant la seconde moitié du cycle, entre l'ovulation et les règles, le plus souvent dans les 7 à 10 jours qui précèdent les règles. Cette période correspond à des variations hormonales importantes, auxquelles certaines femmes sont plus sensibles que d'autres. Les mécanismes précis font encore l'objet de recherches ; ce qui est bien établi, c'est le caractère cyclique : les signes s'effacent une fois les règles installées, puis reviennent au cycle suivant.
Une fatigue ou une anxiété présentes tout le mois ne relèvent pas du syndrome prémenstruel, même si elles s'accentuent avant les règles.
Ce qui aide au quotidien
- Repérer ses dates. C'est la base. Si vous savez que la semaine qui vient est celle du SPM, vous pouvez éviter d'y placer une décision importante, prévenir vos proches et vous ménager. Notre calendrier des règles sert aussi à noter les signes des jours précédents.
- Dormir suffisamment. Le manque de sommeil amplifie l'irritabilité et la fatigue. Les jours sensibles, couchez-vous plus tôt plutôt que de compenser par des excitants.
- Bouger. Une activité physique régulière, même modérée (marche rapide, vélo, natation), améliore l'humeur et le sommeil et réduit les ballonnements. Notre article règles et sport donne des repères pratiques.
- Manger régulièrement. Des repas équilibrés à heures fixes limitent les fringales et les coups de fatigue. Modérer le sel, l'alcool et le café les jours concernés aide certaines femmes.
- Se détendre. Respiration, relaxation, yoga : prévoyez ces moments plutôt que de les espérer.
- Anticiper les règles. Une culotte menstruelle prête le jour attendu évite un stress de plus.
Si ces mesures ne suffisent pas, votre pharmacien peut vous orienter et vérifier qu'une option sans ordonnance convient à votre situation.
La forme sévère : le trouble dysphorique prémenstruel
Chez une minorité de femmes, les signes émotionnels prennent une intensité qui dépasse de loin l'inconfort : tristesse profonde, désespoir, colère incontrôlable, anxiété majeure, idées noires, pendant la semaine ou les dix jours qui précèdent les règles, avec un retour à la normale ensuite. On parle alors de trouble dysphorique prémenstruel (TDPM).
Ce trouble est reconnu par les classifications médicales et se prend en charge. Il ne se « gère » pas avec de la volonté. Si vous vous reconnaissez dans cette description, ou si vos proches vous disent que vous « n'êtes plus vous-même » une semaine par mois, parlez-en à un médecin : le diagnostic repose sur un suivi des symptômes sur au moins deux cycles, et des solutions existent.
Si vous avez des idées de mort ou de vous faire du mal, à n'importe quel moment du cycle, contactez le 3114 (numéro national de prévention du suicide, gratuit, 24 h/24) ou le 15.
Quand consulter
- Les signes perturbent votre travail, vos études ou vos relations chaque mois.
- Vous avez des épisodes de tristesse intense, d'angoisse ou de colère qui vous effraient.
- Les signes ne disparaissent pas avec les règles, ou sont présents tout le mois.
- Les mesures du quotidien n'ont rien changé après deux ou trois cycles.
- Vous prenez un traitement et vous vous demandez s'il est en cause.
Le médecin traitant, la sage-femme ou le gynécologue sont les bons interlocuteurs. Venez avec votre calendrier : la preuve du caractère cyclique est ce qui orientera le diagnostic.
En résumé
- Le SPM associe des signes physiques et émotionnels dans les jours précédant les règles, et disparaît avec elles.
- Repérer ses dates, dormir, bouger, manger régulièrement et prévoir des temps calmes aide la plupart des femmes.
- Le trouble dysphorique prémenstruel est une forme sévère, reconnue, qui se diagnostique et se traite.
- Consultez si votre quotidien est perturbé chaque mois ou si les signes émotionnels sont intenses.
Questions fréquentes
Comment savoir si c'est un SPM ou autre chose ?
Le critère principal est le rythme : les signes apparaissent après l'ovulation, culminent avant les règles et disparaissent dans les premiers jours des règles. Notez-les pendant deux ou trois cycles. S'ils sont présents tout le mois, la cause est probablement ailleurs et mérite un avis médical.
Le SPM peut-il apparaître ou s'aggraver avec l'âge ?
Oui, certaines femmes le constatent, notamment à l'approche de la périménopause, quand les hormones varient davantage. À l'inverse, d'autres le voient s'atténuer. Un changement net dans l'intensité des signes est une bonne raison d'en parler à un professionnel.
Le trouble dysphorique prémenstruel est-il une dépression ?
Ce n'est pas la même chose, même si certains signes se ressemblent. Le TDPM est lié au cycle : il survient avant les règles et s'efface après. Une dépression ne suit pas ce rythme. Seul un médecin peut faire la distinction, d'où l'intérêt de noter précisément quand les signes surviennent.
Sources : ameli.fr (syndrome prémenstruel), Inserm, Collège national des gynécologues et obstétriciens français (CNGOF), Haute Autorité de santé, Vidal, Santé publique France (3114). · Cet article donne des repères généraux ; il ne remplace pas l'avis d'un médecin, d'une sage-femme ou d'un pharmacien.