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Santé

Règles douloureuses : que faire et quand s'inquiéter

Avoir mal pendant ses règles est fréquent, mais une douleur qui vous empêche de vivre normalement n'est pas une fatalité à supporter en silence. Chaleur, mouvement, repos et, surtout, un échange avec un professionnel si la douleur est forte ou s'aggrave : voici ce que vous pouvez faire.

Une jeune femme allongée sur un canapé, une bouillotte posée sur le ventre, lit un livre

Pourquoi les règles font mal

Pendant les règles, l'utérus se contracte pour évacuer la muqueuse qui s'est formée au cours du cycle. Ces contractions sont déclenchées par des substances appelées prostaglandines. Plus l'organisme en produit, plus les contractions sont fortes, et plus la douleur est marquée. Elle se situe en général dans le bas-ventre, parfois dans le bas du dos ou les cuisses, et peut s'accompagner de nausées, de maux de tête ou de fatigue.

Le terme médical est « dysménorrhée ». Les professionnels en distinguent deux formes, et cette distinction compte pour la suite.

Dysménorrhée primaire ou secondaire ?

La dysménorrhée primaire apparaît le plus souvent dès les premières années de règles. Elle n'est liée à aucune maladie de l'utérus : c'est la douleur « mécanique » des contractions. Elle commence juste avant ou au début des règles, dure un à trois jours, et tend à s'atténuer avec l'âge ou après une grossesse.

La dysménorrhée secondaire est provoquée par une cause identifiable. Elle apparaît souvent plus tard, chez une femme dont les règles n'étaient pas particulièrement douloureuses auparavant, ou bien elle s'aggrave d'un cycle à l'autre. Parmi les causes que le médecin pourra chercher : l'endométriose, l'adénomyose, des fibromes, une infection, ou un stérilet mal positionné.

L'endométriose mérite une mention particulière, car elle est longtemps restée sous-diagnostiquée. Des règles très douloureuses, des douleurs pendant les rapports, à la défécation ou en urinant pendant les règles, des douleurs pelviennes en dehors des règles, une fatigue intense : ces signes ne prouvent rien, mais ils justifient de demander explicitement à votre médecin si une endométriose doit être explorée.

Ce qui aide au quotidien

  • La chaleur. Une bouillotte ou un patch chauffant sur le bas-ventre ou le bas du dos détend les muscles et réduit la sensation de crampe. Protégez la peau, ne vous endormez pas dessus.
  • Le mouvement. Marcher, nager, faire du vélo ou des étirements doux améliore la circulation et libère des endorphines. Il n'est pas nécessaire de forcer : l'important est de bouger. Notre article règles et sport détaille comment s'équiper.
  • Le repos et le sommeil. La fatigue amplifie la douleur. Les jours difficiles, allégez ce qui peut l'être.
  • Une position qui soulage. Allongée sur le côté, genoux repliés, ou à quatre pattes, le dos arrondi : testez ce qui vous convient.
  • Une protection confortable. Une culotte menstruelle sans élastique qui serre, ou une cup si vous êtes à l'aise avec, évite d'ajouter une gêne à la douleur.

Si cela ne suffit pas, votre pharmacien peut vous orienter : il connaît les options disponibles sans ordonnance, vérifie qu'elles sont compatibles avec votre situation et vous dit quand il faut plutôt voir un médecin. Ne prenez pas le traitement d'une amie ou d'un proche sans avis.

Ce qui doit alerter

Certaines douleurs ne doivent pas être mises sur le compte de « règles un peu fortes ». Consultez si :

  • la douleur vous empêche d'aller en cours, au travail, ou de faire vos activités habituelles ;
  • elle s'aggrave d'un cycle à l'autre, ou est apparue alors que vos règles étaient jusqu'ici peu douloureuses ;
  • elle ne cède pas à ce que votre pharmacien vous a conseillé ;
  • elle dure au-delà des règles, ou survient aussi en dehors ;
  • elle s'accompagne de règles très abondantes, de fièvre, de pertes inhabituelles, de douleurs pendant les rapports ;
  • vous avez un stérilet et la douleur est nouvelle ou brutale.

Une douleur très violente et soudaine, avec malaise, fièvre élevée ou vomissements, justifie un avis médical le jour même.

Parler à un médecin : comment s'y préparer

La douleur est difficile à décrire de mémoire. Notez pendant deux ou trois cycles, dans notre calendrier des règles, les jours où vous avez mal, l'intensité (par exemple sur une échelle de 0 à 10), ce qui a soulagé ou non, et les autres signes (nausées, fatigue, douleurs en dehors des règles). Indiquez aussi si des femmes de votre famille ont été concernées par l'endométriose ou des règles très douloureuses.

Le médecin traitant, la sage-femme ou le gynécologue peuvent tous vous recevoir. Si votre quotidien est perturbé, vous avez le droit de demander un second avis.

En résumé

  • La douleur des règles vient des contractions de l'utérus ; elle est fréquente mais ne doit pas vous empêcher de vivre.
  • Chaleur, mouvement doux, repos et une protection confortable aident la plupart du temps.
  • Une douleur qui s'aggrave, qui déborde des règles ou qui résiste doit être explorée : l'endométriose en fait partie.
  • Votre pharmacien peut vous orienter ; votre médecin peut chercher la cause.

Questions fréquentes

Est-il normal d'avoir mal à chaque cycle ?

Une gêne ou une douleur modérée les premiers jours est fréquente et, le plus souvent, sans gravité. Ce qui n'est pas « normal », c'est une douleur qui vous fait manquer des journées, qui vous réveille la nuit ou qui résiste aux mesures simples. Dans ce cas, parlez-en à un professionnel.

La chaleur peut-elle vraiment soulager ?

Oui, pour beaucoup de femmes. La chaleur détend les muscles de l'utérus et du bas du dos et diminue la sensation de crampe. Utilisez une bouillotte tiède, jamais brûlante, sur un vêtement et par périodes de 15 à 20 minutes.

Comment savoir si c'est de l'endométriose ?

Vous ne pouvez pas le savoir seule, et nous non plus. Seul un médecin peut l'évoquer, puis la confirmer par des examens. Ce que vous pouvez faire : noter vos symptômes, et demander clairement si cette piste doit être explorée.

Sources : ameli.fr (règles douloureuses, endométriose), Haute Autorité de santé (recommandations sur l'endométriose), Inserm, Collège national des gynécologues et obstétriciens français (CNGOF), Vidal. · Cet article donne des repères généraux ; il ne remplace pas l'avis d'un médecin, d'une sage-femme ou d'un pharmacien.

Noter mes douleurs dans le calendrier