Bien choisir
Culotte menstruelle ou serviette hygiénique : que choisir ?
La culotte menstruelle gagne sur le confort, le coût à long terme et les déchets ; la serviette garde l'avantage de la simplicité et du dépannage. Beaucoup de femmes finissent par utiliser les deux, selon le jour et la situation.
Deux façons de faire la même chose
Serviette et culotte menstruelle sont toutes deux des protections externes : elles recueillent le sang à la sortie du corps, sans rien introduire dans le vagin, à la différence des tampons et des cups.
La serviette est un rectangle absorbant jetable collé dans la culotte. La culotte menstruelle intègre l'absorbant dans l'entrejambe, avec une membrane imperméable, et se lave pour être réutilisée pendant plusieurs années.
Le confort
C'est le premier argument des femmes passées à la culotte. Rien à coller, rien qui se décale, rien qui frotte sur les cuisses. La couche côté peau est en coton, ce qui change de la surface synthétique de la plupart des serviettes.
La serviette a tout de même des atouts : elle est fine, se met et s'enlève en quelques secondes, et on voit exactement où l'on en est. Certaines femmes préfèrent cette visibilité.
Un bémol côté culotte : une taille trop grande bouge et peut fuir. Le guide des tailles évite ce faux départ.
Le coût sur trois ans
C'est ici que la comparaison est la plus parlante, à condition de regarder sur la durée.
Côté culotte, une Clarisse ou une Nolwenn coûte 19 €. Pour couvrir un cycle en lavant tous les deux jours, il faut en général trois à cinq culottes, soit un investissement de départ de 57 à 95 €. Leur durée de vie est de 3 à 5 ans. Sur trois ans, le coût est donc celui de l'achat initial, plus quelques lavages.
Côté serviette, la dépense est faible à chaque fois mais se répète tous les mois. Sur une année, cela représente plusieurs dizaines d'euros selon le flux et les produits choisis. Multiplié par trois ans, l'écart avec la culotte se creuse nettement en faveur du réutilisable.
Un élément change aussi la donne depuis le 1er octobre 2026 : les culottes menstruelles réutilisables sont remboursées par l'Assurance maladie, en pharmacie uniquement, à 60 % pour les moins de 26 ans et à 100 % pour les bénéficiaires de la Complémentaire santé solidaire, dans la limite de 2 produits par période de 12 mois et de 19 € par culotte, sans ordonnance. Les achats en ligne ne sont pas remboursés. Les détails sont sur notre page remboursement.
Les déchets
Une serviette jetable est composée en grande partie de plastique et de cellulose, avec son emballage individuel et sa bande adhésive. Chaque utilisatrice en jette plusieurs centaines par an pendant plusieurs décennies. Le volume total de déchets sur une vie se chiffre en milliers de serviettes.
Une culotte menstruelle, lavée et réutilisée pendant 3 à 5 ans, remplace toutes ces serviettes sur la période. Elle a son propre impact : fabrication, lavages à 60 °C, et fin de vie du textile. Mais à l'échelle de plusieurs années, le bilan reste très largement en faveur du réutilisable.
Les situations où la serviette reste utile
Dire que la culotte remplace tout serait malhonnête.
- En dépannage. Des règles qui arrivent sans prévenir, un oubli, un voyage sans possibilité de laver : une serviette dans le sac rend service.
- Après un accouchement. Les saignements des premières semaines peuvent être très abondants. Les professionnels de santé recommandent en général des serviettes adaptées, que l'on change très souvent. Parlez-en avec votre sage-femme.
- Les jours de flux exceptionnellement abondant, où même une culotte de 34 mL demanderait un changement toutes les deux heures. Certaines femmes combinent alors les deux.
- Sans accès à une machine pendant plusieurs jours.
- Pour essayer. Si vous ne savez pas encore si le réutilisable vous convient, rien n'oblige à abandonner la serviette du jour au lendemain. Commencez par une culotte pour la nuit ou les fins de règles, et voyez.
Ce que dit la sécurité
Serviette et culotte sont toutes deux des protections externes, donc sans le risque de syndrome du choc toxique lié aux protections internes gardées trop longtemps. Dans les deux cas, l'hygiène repose sur le changement régulier : au plus tard toutes les 12 heures pour une culotte menstruelle, et plus souvent les jours de flux abondant.
La culotte doit être lavée avant la première utilisation, rincée à l'eau froide après le port, puis passée en machine à 60 °C maximum, sans adoucissant. En cas d'irritation avec l'une ou l'autre protection, arrêtez et parlez-en à votre pharmacien ou à votre médecin.
En résumé
- Confort : avantage culotte, à condition de bien choisir sa taille.
- Coût sur trois ans : avantage net à la culotte, renforcé par le remboursement en pharmacie pour les moins de 26 ans.
- Déchets : la culotte remplace plusieurs centaines de serviettes par an.
- La serviette reste utile en dépannage, après un accouchement et les jours exceptionnels.
Questions fréquentes
Peut-on porter une serviette dans une culotte menstruelle ?
Oui, rien ne l'empêche. Certaines femmes le font les jours de flux très abondant ou les premières nuits, le temps de prendre confiance. La culotte sert alors de sécurité en cas de débordement de la serviette.
La culotte menstruelle absorbe-t-elle autant qu'une serviette ?
Cela dépend des modèles comparés. Clarisse retient 22 mL et Nolwenn 34 mL, mesurés en laboratoire. Une serviette de jour standard absorbe généralement moins ; une serviette de nuit peut absorber davantage. L'important est de choisir le modèle adapté à votre flux et de changer avant saturation.
Par quoi commencer si je veux essayer ?
Par une seule culotte, portée la nuit ou en fin de règles, moments où le risque de fuite est faible. Si vous êtes à l'aise après un ou deux cycles, complétez avec un pack pour couvrir tout le cycle.
Sources : dossier technique Claripharm · ameli.fr (remboursement vérifié le 04/11/2026) · ANSES, rapport sur la sécurité des produits de protection intime · Cet article donne des repères généraux ; il ne remplace pas l'avis d'un médecin, d'une sage-femme ou d'un pharmacien.